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L’installation SATIR est pręte pour la réception des composants ŕ haut flux d’ITER !

Dans un réacteur de fusion, les composants qui forment la premičre paroi matérielle faisant face au plasma sont exposés ŕ de nombreuses contraintes. Leur conception et leur qualification font appel ŕ des technologies trčs particuličres. Dans les installations actuelles et dans ITER, ces composants sont refroidis par une circulation d’eau sous pression. Ils sont constitués d’un assemblage de différents matériaux : une couche de protection composée d’un matériau ŕ haut point de fusion (matériau réfractaire) compatible avec le plasma (composite de carbone/carbone, tungstčne ou béryllium) assemblée ŕ un matériau bon conducteur de chaleur (alliage de cuivre). Ces deux matériaux (matériau de protection et matériau de refroidissement) ont des propriétés thermomécaniques trčs différentes. La principale difficulté technologique réside dans la réalisation d’un assemblage fiable capable de résister aux conditions spécifiques d’un réacteur de fusion. Ils auront en particulier ŕ évacuer des flux thermiques du męme ordre de grandeur que ceux rencontrés ŕ la surface du soleil. Par conséquent, l’interface - formée par la premičre couche composée du matériau de protection et la deuxičme couche - une structure refroidie en cuivre - traversée par le flux thermique en provenance du plasma, devra ętre exempte de défaut pour ne pas risquer une rupture prématurée du composant en opération.

Cette caractéristique est vérifiée par une installation originale de contrôle non destructif, développée et utilisée depuis plusieurs années ŕ Tore Supra: SATIR pour Station d’Acquisition et Traitement InfraRouge (figure 1). Son principe de mesure est le suivant : les éléments contrôlés sont soumis ŕ un flux thermique interne induit par ŕ une circulation d’eau chaude puis froide en régime forcé dans leurs canaux de refroidissement. Les défauts, de type résistance de contact thermique, sont détectés dans le régime transitoire par une réponse plus lente de la température de surface que l’on compare ŕ une réponse d’un élément sans défaut ou ŕ un modčle thermique. La température est mesurée ŕ l’aide d’une caméra infrarouge dont les données numériques sont traitées par un logiciel développé au CEA.

Grace aux études réalisées jusqu'ŕ ce jour dans le cadre du programme fusion européen (EFDA) ou en relation avec nos partenaires de l’Association Euratom-IPP (Garching, Allemagne) et d’ITER, cette installation, qui a fortement contribuée au succčs de la fabrication des éléments du limiteur pompé de Tore Supra (projet CIEL), a été améliorée sous plusieurs aspects : augmentation du débit, caméra numérique de meilleure sensibilité, optimisation du traitement des données… Ces améliorations ont été intégrées dans une nouvelle version de l’installation (appelée SATIR_ITER) mise en service en avril 2007, qui l’amčnent aujourd’hui ŕ un stade quasi industriel, intégrant des outils numériques innovants et conduisant ŕ des performances de détection optimisées. Le gain obtenu sur la sensibilité de détection est amélioré d’un facteur 1.5, la durée de test divisée par 2 et la capacité de stockage des films infrarouge divisée par 4. SATIR_ITER (figures 2) a maintenant la capacité technique et opérationnelle de détection de défaut d’interface pour des éléments de type monobloc en CFC qui composent le divertor d’ITER.

La méthode de contrôle non destructif SATIR est d’hors et déjŕ utilisée pour la qualification des composants face au plasma pour le contrôle de la présérie des composants face au plasma du stellarator allemand W7X et est envisagée comme moyen de contrôle des composants du divertor ITER qui seront fabriqués par l’industrie européenne et japonaise (figure 3 et 4). Des tests de qualification d’éléments face au plasma prévus pour le tokamak japonais JT60-SA viennent d’ętre effectués sur STATIR_ITER.

Dans l’optique d’une qualification en série des éléments d’ITER, un transfert de l’installation vers un industriel est envisagé, intégrant l’appui du DRFC pour l’expertise des tests.

 


Figure 1
: Vue de l'installation SATIR et des 2  lignes chaudes et froides

 

Figure 2: Défaut calibré détecté ŕ l’interface CFC/Cuivre en face avant. La figure illustre l'amélioration de la détection des défauts (zone rouge) de l’installation SATIR_ITER sur un composant de type monobloc ITER. a) monobloc avec défauts calibrés testés sur la version précédente de SATIR, b) le męme monobloc testé sur la nouvelle version de SATIR.

 


Figure 3: Trois monoblocs ITER sur montage SATIR


Figure 4: Image IR des 3 monoblocs ITER

 

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